samedi 3 octobre 2015

mardi 25 novembre 2014

Un autre personnage que je ne connais pas!

J'étais dans le train et il était assis devant moi. J'avais encore 25 minutes à parcourir avant d'arriver à destination : j'en ai profité alors pour le dessiner, histoire de me divertir!

jeudi 19 juin 2014

Bande Dessinée et Littérature - Introduction

Le présent article fait partie d'une série de publications à venir, reprenant un travail de recherche que j'ai déjà entrepris en 2003 dans le cadre de mon mémoire de licence, qui s'intitule "Bande Dessinée et Littérature".
Ainsi, et périodiquement, je publierai les différentes parties de ce travail, à l'attention de toute personne souhaitant en apprendre davantage par rapport au sujet. 

INTRODUCTION

Si l'on considère les travaux de recherches ayant entrepris d'appréhender la Bande Dessinée tel un objet d'approches socio-linguistiques, éducatives, encore moins littéraires, il semble que ce moyen d'expression scripto-iconique n'a commencé à jouir d'une attention particulière que depuis quelques décennies, il y a environ une trentaine d'années, dirions-nous.
Il est vrai qu'aujourd'hui, les «Bandes Dessinées » (désignation que Francis Lacassin distingue nettement de la « Bande Dessinée »[1] dans la Grande Encyclopédie) bénéficient graduellement d'une place d'honneur sur les rayons des bibliothèques. Toutefois, ces magazines, qu'on n'osait pas lire ouvertement sous peine de passer pour un illettré ne focalisant que les dessins, ou de peur d'être désigné de public jeune, semble être absents, voire introuvables dans une bibliothèque telle que celle d'une Faculté de Lettres et de Sciences Humaines.
Une question obvie a, dès lors, préoccupé nombre de lecteurs, notamment un étudiant de langue et de littérature : la Bande Dessinée ne serait-elle pas un genre narratif sui generis ?
« Figuration narrative » comme la désigne Burne Hogarth[2], ou « narration figurée » dans les termes d'Antoine Roux[3], ou encore « expression icono- linguistique » chez P. Ferran[4], la Bande Dessinée se traduit généralement par une séquence d'images accompagnées d'un texte relatant une action. Laquelle définition, quelque lapidaire qu'elle soit, semble conjuguer un support iconique qu'est l'image et un support scriptural ou texte inscrit dans des bulles. En effet, il ne s'agit pas purement d'un art, avance Burne Hogarth, puisqu'il dépend en partie de son contenu verbal et pourrait bien être aussi une sorte de « littérature ». Mais est-ce vraiment une littérature alors qu'il renonce souvent à toute expression verbale, utilisant seulement le geste, l'expression, le mouvement ?
Par ailleurs, le « père » de la Bande Dessinée, le suisse Rodolphe Tôpffer, l'avait qualifiée de « littérature en estampes »[5]. Cependant, il n'en demeure pas moins légitime de reconsidérer ce moyen d'expression du point de vue de sa réception en tant qu'une œuvre littéraire. Projet trop ambitieux, nous semble-t-il, que d'envisager la littérarité de la Bande Dessinée comme considération incontestable !
Cela étant, l'intérêt du présent travail serait de s'interroger sur la généricité littéraire de la Bande Dessinée. Serait-elle un genre littéraire à part? Problématique épineuse à soulever, certes ; mais la considération de quelques concepts fondamentaux permettrait probablement d'y répondre.

Pour ce faire, nous nous proposons d'examiner, en premier lieu, le concept de la « littérarité », étroitement lié à la notion de « genre littéraire », afin de procéder en second lieu, à une mise en application de ce fonds théorique sur le support de Bande dessinée qui constitue le corpus de notre travail. Au terme de cette recherche, nous pourrions nous interroger sur la mise au programme éventuelle de la Bande Dessinée dans un cursus de formation littéraire de l'étudiant, bien entendu, dé la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines.

Il paraît, par ailleurs, indispensable de justifier le choix de l'album à étudier, Astérix et le chaudron en l'occurrence. Les chercheurs en matière de Bande Dessinée attestent que la série Astérix est un véritable phénomène de société en ce sens qu'elle est la plus lue autant par les enfants que par les adultes, en France comme dans le monde entier. En outre, Astérix et le Chaudron n'est pas sans rappeler le schéma du conte, production populaire, prédisposée à toute approche littéraire, voire artistique. Enfin, c'est un document conjuguant le texte à l'image sur lequel nous allons nous pencher.






[1] Au singulier, le terme désigne le moyen d'expression, le concept, l'Art et la Technique ; et au pluriel, la création objective, le produit, in Annie-Baron Carvais, La Bande Dessinée. Collection « Que sais-je ? », PUF, Paris, 1985, p. 5.

[2] Co-directeur de la School of Visual Art, à New York, ayant publié en 1967, Bande dessinée et figuration narrative, in Annie-Baron Carvais, idem, p. 5.
[3] Antoine Roux, La Bande Dessinée peut être éducative. L'Ecole, Paris, 1970. in Annie-Baron Carvais, idem., p. 6.
[4] P.Ferran, Place et rôle de la science-fiction dans l'enseignement de la littérature au premier cycle. thèse d'Etat, Sorbonne, 1981. in Annie-Baron Carvais, idem., p. 6.
[5] Thierry Groensteen, Astérix.Barbarella et Cie. Trésors du Musée de la Bande Dessinée d'Angoulême. Somogy édition d'art, Paris, 2000, p. 15.